Elle ne sera pas une âme libre tant que son amour se débattra dans sa cage thoracique, se languissant pour une goutte de paradis depuis longtemps envolée; elle restera captive tant que tout son être lui criera de le rejoindre. Qu'importent ce ciel sans limites, ce lieu magnifique, ces étoiles à l'éclat aveuglant, cette douce mélodie envoûtante. Sans lui, il lui semble que le ciel de braise l'étouffe, que ces branches l'agrippent, formant les barreaux feuillus d'une prison dorée tandis que les arbres mort se tortillent vers le ciel tels des doigts décharnés et accusateurs. Elle se débat comme une diablesse dans le désespoir du dernier souffle, et alors que le néant et l'infini l'engloutissent, alors que son coeur explose en des milliers de fragments scintillants, l'être tant aimé sourit devant ses yeux. Son visage divin, ses yeux mielleux, ses lèvres fines et douces qu'Adonis même n'égale pas; ces traits familiers et aimés auxquels le miroir qu'est son coeur n'a pas rendu justice; tout autour d'elle n'est que lui. Il est l'air qu'elle respire, le ciel qui l'avale, chaque grain de sable que ses pieds quittent peu à peu. Dans ce monde à présent déchiré, dans cet univers où personne ne mérite plus de bonheur qu'elle, ils ne sont plus que deux. Lui, ayant moins de substance qu'un fantôme, et elle, des larmes coulant silencieusement sur ses joues.
D'une telle illusion elle n'oserait rompre le charme.